dimanche 25 mars 2012

Ski de rando rime avec poésie

Récit d'un périple de 4 jours de ski de randonnée en Savoie en Avril 2004, écrit par Sylvain (alias Sancy sur Skitour).

"Lo, Lo,

Après 4 jours d'entraînement à vélo avec notre petite maison sur le dos (pour les cuisses ;-) sous des contrées + méridionales, nous sommes partis avec 2 amis en ski de rando durant 4 jours. Le principe, relier les Cerces à la Vanoise, deux massifs opposés sur la carte de la savoie, glanant en passant qq sommets, cols, belles photos et beaux moments d'amitié.

Ce petit séjour fut riche et super formateur. Infos météo versatiles (on va vraiment finir par aller lui dire 2 mots à Jacques Villecroze, le marabout de météo france Savoie), contexte printanier : manteau neigeux évoluant rapidement dans la journée, soleil généreux sur chutes de neige récentes, état des glaciers à évaluer, vieilles accumulations éventuellement instables à repérer, autant de paramètres influençant nos décisions.

Tout a bien commencé jeudi dernier ; départ de Bourgoin vers 5h du mat ; direction Valloire et le hameau de Bonnenuit (les petits), terminus hivernal de la route habituelle menant au col du Galibier. On attaque donc doucement par 4 km de faux plat montant, idéal pour mettre la machine en route (ça change des 20 km à vélo à 9% dès le réveil à 7h du mat, la veille dans le Verdon !!). Direction le Grand Galibier, 3228m, principal objectif de la journée (si ce n'est celui de rentrer entiers ;-). Le soleil monte rapidement, le massif des Cerces tarde à s'ouvrir. C'est à vrai dire un petit bijou, coincé entre Savoie, Italie et Hautes-Alpes, dont les vallées relativement serrées et longues, les pentes soutenues, l'éloignement et la multitude de sommets vous garantissent dépaysement et solitude. Les influences climatiques sont ainsi multiples : ce massif ramasse les perturbations classique d'ouest (certes affaiblies après avoir traversé les Alpes !), mais aussi celles du sud (plus rares mais bien généreuses), et surtout les redoutables retour d'est, perturbations d'Italie qui vous donnent 1m de neige en 24h (encore moins fréquentes, mais 2 dans l'hiver vous garantissent la neige toute la saison). C'est ainsi que l'enneigement est communément bon dans le Queyras ainsi que dans toute la Haute-Maurienne. Bref; cet intermède météorologique digne de Jacques Villecroze nous explique en quoi les Cerces sont un petit paradis pour le ski de rando.
Chemin faisant, nous ôtons rapidement veste, polaire, gants et bonnet pour finalement déambuler en tee shirt... ah le joli mois d'avril... sur une pente toujours aussi clémente, nous poursuivons désormais loin de la route du gd galibier. Le vallon se resserre, nous entendons les marmottes sur les premières pelouses du versant sud, et le versant nord de notre sommet nous dévoile alors son secret : un magnifique couloir encaissé, de loin raide, austère et gorgé de neige. Ouf ! que c'est beau et impressionnant. A droite du vallon : le Gd Galibier. A gauche : le col des Rochilles vers lequel nous devrons remonter ensuite pour rejoindre le refuge des Drayères. Nous laissons ainsi à mi chemin tout ce qui ne nous sera d'aucune utilité pour l'ascension du gd galibier. Nous nous élevons ainsi légers, plein soleil, ciel bleu génial, vers ce versant nord dans lequel nous trouvons une neige poudreuse de l'avant veille.
Comme on dit, "ça brasse" ! quelques conversions dans un petit raidillon nous mène sur le glacier parfaitement débonnaire de la Clapière, logé dans une cuvette au pied du couloir, véritable piège à poudreuse. Wouaouh, 30 cm de fraîche à l'ombre, alors qu'il fait 15°C au soleil ! en contrepartie, la montée est pénible et la neige "botte" sous les peaux de phoque (comprenez : des paquets de neige gros comme des briques collés sous les skis !). Bien pratique pour avancer... du coup, nous arrivons réellement au pied du couloir vers 13h, à 2600m. Petit instant de reflexion : grosse poudreuse dans le couloir, horaire déjà bien avancé pour une telle pente, des traces de petites coulées sur des pentes annexes similaires... allez Jb, on laisse tomber pour cette fois. On a déjà gagné une magnifique descente en poudreuse et il nous reste encore à rejoindre le refuge. Jb, opiniâtre, boude un peu la décision... mmmouais... "ce couloir de la Clapière me frustre !". Surtout que de plus près il s'avère beaucoup + accessible.
S'ensuit donc une descente de 500m géniale : la neige tient toutes ses promesses : "et à gauche, et à droite !!" crie Jb tout en enchaînant les virages. A chaque prise de carre, un petit nuage léger qui s'échappe. A peine quelques efforts, à peine une demi journée d'écoulée, et déjà du grand ski ! ça commence bien.

Retour près du rocher au pied duquel nous avons laissé nos affaires. Un petit bout de sauc', du pain, une petite pate de pomme élaborée par maman jb, le tout plein soleil printanier... ensuite, départ pour le col des Rochilles : 400m de pente douce plein sud, sans vent : on grille ! nous changeons alors de vallée, pour passer dans celle de la Clarée, changeant du même coup de département : Hautes-Alpes. Tout au bout de cette vallée, probablement dans un autre monde, Névache et Briançon... l'enneigement devient plus abondant; sujet à ces fameuses influences climatiques d'Italie. Nous traversons un vallon plat, glissant sur deux lacs gelés. j'ai l'impression de traverser l'Antarctique à ski. Une grande plaine, des vaguelettes de neige sculptées par le vent, l'eau sous la glace... Tout au bout de cette petite plaine, nous trouvons la descente jusqu'au refuge des Drayères. Nous empruntons des sortes de petits canyons aux bords supérieurs ourlés de neige, tapissés de poudreuse. Du rêve et encore du rêve ! le soleil commence à décliner, étirant les ombres, donnant davantage encore de relief à ces reliefs, parant les paysages d'une lumière idéale. je mitraille... nous arrivons enfin au refuge, vers 18h. Le temps de repérer de visu l'itinéraire du lendemain, nous déchaussons et trouvons sitôt la porte ouverte, une trentaine de paires de ski aligneés dans le local hors-sac...
Avant de nous coucher, nous prenons la météo auprès du gardien qui nous informe qu'une perturbation arrive dès cette nuit : précipitations soutenues et refroidissement au programme. Bon;.. c'est quand-même bien différent de ce que nous annonçait l'ami villecroze la veille... dès lors se posait le problème du "on y va (et où ?)" ou du "on y va pas ?". L'étape du lendemain doit nous permettre de joindre Valfréjus, en passant par le Mt Thabor. Connaissant un peu ce secteur (vallons multiples, proximité de l'Italie et ses débordements nuageux sympathiques, roches bourrées de fer = boussolle pas fiable + étape longue) et y ayant surtout vêcu une séquence perdition épique il y a 1 an (complètement perdus en Italie, hélico pour nous chercher, etc.), je craignais un peu. Nous avons ainsi décidé de tenter un retour sur Valloire, comptant sur nos traces de la veille et d'une orientation plus simple.

Réveil le lendemain... verdict... vallée bouchée par les nuages, mais visibilité encore satisfaisante, et pas de précipitations. FEU ! nous partons vers 8h. Le gardien nous lance un "Prenez du plaisir !" par la fenêtre... Après une heure de marche, les nuages semblent se déchirer et dévoilent les sommets alentours et un vaste ciel bleu dans notre direction... C'est bouché sur le sud, l'est, mais pas l'ouest vers lequel nous nous dirigeons ! wouaouh, c'est reparti pour du bonheur, mais sous le vent cette fois. On repasse sur les lacs gelés pour basculer à nouveau sur le col des Rochilles. Nous faisons une pause à l'abri d'un barraquement militaire déserté pour l'hiver : 8 maisons alignées, comme dans un doom-like : on se croirait dans un jeu vidéo : des douilles près des portes, des fenêtres lugubres, un hangar à munitions. L'endroit idéal pour faire le thé ??? le réchaud ronronne et nous nous délectons d'un super thé carrefour. Puis redescente jusqu'au hameau de bonnenuit, avec la complicité du Gd Galibier sur le versant d'en face.

Nous nous retrouvons à la terrasse d'un café de Valloire, déballant notre casse-croûte au soleil. Le pied ! il ne nous reste plus qu'à rejoindre Valfréjus avec la voiture et retrouver François, monté de Bourgoin pour compléter l'équipe pour le week-end. Nous saluons sur la route au loin le Mt Bréguin, vilain sommet très long et pas très beau qui nous donna du fil à retordre cet hiver. "Rando Fossile" disait le topo...
Qq courses à Escro'Marché ("Donnons plus à celles qui donnent tant" sermonne Jb horripilé par tant de véhémences commerciales). Notons en passant le bonheur d'être avec Jb lorsqu'il s'en prend au consumérisme, à la publicité débile, à notre société gavée et bassement matérialiste. Un délice à entendre ;-)). On refait le plein de barres céréales, chocolat, lyophilisés et autres douceurs intestinales.

A Valfréjus, nous retrouvons Amélie, vendeuse à décat l'été et monitrice de ski pour la saison. Le temps de partager qq verres, les anecdotes de l'hiver et bcp de bonne humeur, et nous retrouvons Foi-Foi (foué-foué, fanfouette, etc.), tout frais, tout motivé, encore intact et lourdement chargé, car sa hotte regorge de bonheurssssss (qui auront raison de ses cuisses et de son dos par la suite... : plaquettes de chocolat, soupes, sucre, gateau gerblé miel-sésame époustouflant, son "Harry's Box" magique pleine d'infusions, thés, cafés, etc... Mention spéciale du Jury : Infusion Nuit Tranquille (sauf Jb dégoûté d'en boire un litre soir et matin ;-)), boites de sardines aux piments (grooooooosse erreur Fanfouette, jamais de piments en refuge...), saucisson, et, suprême volupté : sa fiole de Rakia ! eh oui, foi-foi à de nombreux amis en Europe de l'Est, et ils n'oublient jamais de lui rapporter une petite douceur alcoooolisée de là-bas (comprenez la boisson nationale de serbie, sorte d'eau de vie de raisin, au procédé de fabrication encore moins contrôlé que la vodka russe et aux vertus exceptionnellement diverses... mélangée avec une petite Nuit Tranquille, c'est du bonheur !).

Et la joyeuse équipe se met en route pour l'Orgère, par la route de St André. Nous abandonnons les voitures à 1500m, près d'un petit pont. De là, ne nous reste plus qu'à remonter la route en ski jusqu'au refuge; soit environ 2h de marche. Nous chaussons... plus de neige... déchaussons 100m plus loin, rechaussons... déchaussons finalement pour emprunter un sentier plus rapide. Séquence portage... sous la pluie qui commence à tomber... allons bon ! la météo annonçait un week-end de + en + beau, deux habitants de valloire nous assuraient un week-end carrément beau, et le père d'Amélie (en vieux roublard de montagnard) nous promettait la pluie... bon, on verra. Passé le petit hameau de Polset à 1800m, la pluie se transforme en neige, petite neige fine et drue. Je savoure cet instant magique, remontant la route avec deux amis, goûtant finalement avec cette neige aux quatre saisons en moins d'une semaine. Arrivés au refuge, c'est parti pour le festin ! paquet de pates, saucisson, brie, sardines, soupe et pain à foison, céréales, pommes, chocolat et un litre... de Nuit Tranquille. Ca c'est pour toi jb, ça calmera tes ardeurs altermondialistes.
Dehors, il neige à gros flocons, c'est génial. La nuit tombe et nous avec. Nous nous couchons sous 5 couvertures chacun et mettons le réveil pas trop tôt...

Je réveille brusquement l'assemblée en début de nuit, en criant "Nooonn !", sortant d'un cauchemard...


Samedi matin : temps gris, il neige faiblement... pas extra ça. Qu'est-ce que l'on fait les amis pour patienter ?? on se met autour de la table avec une couverture sur le dos et on boit du thé pour se réchauffer et passer le temps. Après + de 10/15 thés par personne (et autant de séjours dans le petit local accueillant au fond du refuge), le versant situé à 50m du refuge apparaît tel un fantôme dans la brume. Assez pour que Foi-Foi se lève et crie "En route !". Nous nous mettons en route, remontant les pentes derrière le refuge, nous orientant avec les melèzes. Puis plus d'arbres... que du blanc partout. C'est le moment de sortir la boussole, la carte et l'altimètre. Nous réussissons ainsi à avancer durant 2 heures sans tomber sur une barre rocheuse, et c'est alors qu'au sortir d'une pente plus soutenue, nous passons brusquement à la limite des nuages. La lumière semblait de plus en plus forte... et voilà que le ciel bleu apparaît tout là-haut, troué d'aiguilles de granite au milieu des brumes remontant, avec à nos pieds d'immenses champs de poudreuse toute fraîche et là bas, tout au bout, sûrement au dessus du monde, le col de Chavière passage vers l'autres vallée.
Le soleil cogne avec une force extraordinaire, la neige est pulvérulente. je fais la trace, perdu dans mes pensées, les yeux rivés vers l'infini... moi qui était si réservé sur nos chances d'atteindre le refuge et de poursuivre notre aventure, je suis maintenant aux anges et plonge dans un bonheur sans limites. A nous le col, les sommets, la neige vierge, l'amitié extraordinaire, le ciel bleu, les projets fabuleux, la jeunesse éternelle et éblouissante... une éclaircie et j'y crois de plus belle.
Deux heures plus tard, nous voilà au col. J'ai mitraillé de photos François un peu à la peine, mais heureusement finalement. Il faisait un parfait sujet isolé dans ce grand cirque blanc.

Les nuages remontent rapidement le long du col. De l'autre côté, le refuge de Peclet-Polset apparaît dans la brume encore bien présente. Nous prenons l'azimut sur la boussole et descendons à taton les 40° de ce col, plein nord et gorgé de poudreuse. J'appuie avec circonspection sur mes carres... ouf, ça tient. En avançant, la visibilité devient meilleure et nous profitons finalement d'une très belle descente en pentes douces et poudreuses. Le refuge apparaît enfin au détour d'une congère. (j'étais hyper satisfait de cette étape, vraiment incertaine vue la météo en partant du refuge. Nous avons été sérieux et rigoureux sur l'orientation. C'était une très belle récompense que d'arriver).

Nous nous inscrivons auprès du gardien et visitons la batisse, à nouveau très moderne, comme tous les refuges de Vanoise finalement. Encore un repas gargantuesque, et encore le litre de Nuit Tranquille avant de nous coucher. Le site est exceptionnel. Nous sommes au mileu d'un cirque blanc, au pied de l'immense versant du dôme de Polset duquel dépasse une barre de séracs bleutée. C'est superbe. Nous regardons la nuit tomber et les premières étoiles scintiller. La perturbation semble vouloir s'évacuer vers l'est. La météo annonce à nouveau le mauvais temps pour le lendemain, mais seulement pour l'après-midi. Vu la fiabilité des prévisions depuis qq jours, nous mettons le réveil à 3h en vue de tenter le hold-up... Dôme de Polset, troisième tentative de l'hiver (une sorte de malédiction doit plâner sur ce sommet... ).

Nous nous endormons à 9h, surmotivés...


A 3h, le réveil sonne. Débute alors une journée qui restera inoubliable, une journée exceptionnelle de beauté, de montagne, de ski, d'amitié, de la première à la dernière minute. De ces journées qui tutoient l'au-delà, la perfection, le sublime. Ces journées au cours desquelles des souvenirs d'enfance ressurgissent, au cours desquelles, sans croiser personne, vous avez pourtant puisé mille trésors dans le regard de vos amis, parents et vos plus grand bonheurs ont défilé cent fois. Ces journées qui comptent et vous font plus Grand que la veille.
Seuls dans la cuisine, en silence, nous déjeunons et préparons nos affaires. Encore du thé, des biscuits gerblé, et re-thé.
4h25 : nous mettons les peaux sous les skis, passons dans le tunnel sous la neige et partons dans la nuit noire...

En face, la masse sombre du Dôme et la lune brillante juste au dessus. La grande ambiance ! nous contournons le lac morainique au pied de la première pente, bien raide, soutenue comme il faut. François et Jb s'en sortent mieux que moi. Il faut dire que ma frontale est restée allumée toute la nuit dans mon sac à dos... plus de pile, c'est malin. je retiens mon souffle à chaque conversion (en pente raide, on monte en zig-zag, logique. Lorsque l'on passe du zig au zag, on met les pieds en canard pour changer d'appui, on appelle ça une conversion, et ce sont qq secondes durant lesquelles nous sommes assez vulnérables si l'on décroche...!). Comprenez : on glisse en bas et l'on doit tout se retaper (sauf s'il y avait une barre rocheuse au passage... dommage ;-)). Après ce petit raidillon (qui a eu le mérite de nous faire prendre de l'altitude rapidement), nous passons dans un petit canyon, délimité à droite par une falaise, et à gauche par la muraille du glacier et les premières crevasses. C'est sublime.
IL fait encore bien nuit, la lumière est feutrée, intime. Nous attaquons le glacier vers 2900m : la voie est alors royale : des pentes de neige immaculées, tapissées de poudreuse de folie. Un paysage grandiose : séracs, aiguilles, flèches, les vallées qui s'éloignent tout en bas, la vue qui porte de plus en plus loin... d'abord la Vanoise, puis le Mont Blanc, la Tarentaise, la Haute-Maurienne. Des couleurs naissent à l'est. Du rouge, de l'orange, du violet. C'est génial. Je prends François en photo dans les premières lueurs de l'aube. Magique. Jb est survolté ! Il fait la trace avec détermination, il vole ! et moi j'ai les yeux embués. Je repense au Mt Blanc, 'jai une foule de pensées et visages merveilleux qui me traversent l'esprit. Nous montons au jour naissant, la neige est toujours plus belle. Arrivés au pied du sommet, nous en faisons le tour pour trouver une pente plus favorable. Cette fois il ne peut plus nous échapper, le voilà. Nous nous arrêtons, ivres après 4h00 de montée, à 3501m.

Le reste n'est que succession de champs de poudreuse inespérés, de virages en velours au large des crevasses et paysages glaciaires de premier ordre, de soleil de printemps, de ciel bleu, de satisfaction toujours plus grande, de sourires échangés, de pause le nez au soleil. "Et à gauche, et à droite !" crie Jb, "Terriiiiible ! terriiiiible !!!" lance Foi-Foi sans cesse. Nous remontons rapidement au col de Chavière et reprenons nos 2300m de descente paradisiaque. A la poudreuse du versant nord succède la neige de printemps plein sud : neige tassée, fondante, fabuleuse à skier. D'abord les larges combes de Chavière, puis bientôt les premiers sapins : "et à gauche, et à droite !!!". C'est ludique, la neige est excellente : ça passe de partout ! hop le petit mélèze, et à droite, et hop le petit vallon, et le petit ruisseau : je lui fais la causette le temps de 2 / 3 virages, et le petit pont, et la piste forestière encore enneigée, et tout ce joyeux monde nous ramène les skis au pied à la voiture, avec en face, en pleine poire, les sommets haut-mauriennais, gorgés de neige, et sous des cieux toujours plus intenses.
Que je l'aime ce secteur de l'Orgère !! merveilleux épilogue que ces derniers virages sur cette piste perdue, l'air saturé de senteurs résineuses, des premières fleurs, des tas de bois massés près des maisonnettes, à ces 4 jours superbes en montagne.


Sylvain "