jeudi 30 septembre 2010

Dent de Crolles, pilier sud

Dent de Crolles, 01/08/2010

La reprise de la grimpe fut courte cet été : une pincée de couenne, directement suivie par la grande voie du "Festin de Babeth" au Peney, avec Arnaud. Le pilier sud de la dent de Crolles (TD-), repéré dans le tout récent et précieux "Escalade en Chartreuse", suscitait notre convoitise et aiguisait notre appétit calcaire. Il constituera un beau final à la saison d'escalade une fois que nous aurons affuté nos doigts sur d'autres parois, nous disions-nous rêveurs. Mais... l'impatience peut également nous caractériser et mener la vie dure aux vertueuses sagesse et patience. Transformons alors gaiement les habituels dictons : "rien ne sert d'attendre", "tout vient à point à qui sait se dépêcher" ou encore "les montagnes ne seront plus là demain". Tiens, à expérimenter dès cet hiver par risque 4 !
Légèrement anxieux mais décidés, nous sommes donc partis nous frotter à ce pilier en ce premier jour d'août.
Comme prévu, la première longueur, à froid, refroidit (forcément...) un peu nos ardeurs, avec son rocher délicat, sa raideur et la relative discrétion des prises.
















L'avantage d'être en tête : faire bronzer ses orteils pendant que son compère contemple, un brin circonspect, les difficultés qui l'attendent.

La base du pilier Sud
















Arnaud dans L1

Dans L2, plus tranquille (photo Arnaud)


Longueur clé (L5), proposant une traversée gazeuse, puis une frissonnante ascension verticale (en A0 sur vieux clous)

















Départ athlétique pour L6 (la sangle n'a pas servi, le bac de sortie ayant été découvert à temps...), puis fin très raide. (photos Arnaud)


Sortie de L6 (relais plus ou moins improvisé)

Traversée gazeuse pour rejoindre la derniere longueur en face est
Une dernière longueur intéressante, plein gaz dans le dernier bastion de la face est.

Tracé approximatif, par Arnaud

Nous serons donc venus à bout de cette jolie voie variée, parfois gazeuse, dont l'équipement, principalement sur pitons, requiert un peu d'attention. On pourra cependant regretter que la liaison pédestre en versant sud-ouest entre les longueurs 7 (sortie du bastion inférieur) et 8 (bastion sommital) coupe la voie en deux et réduise l'engagement (échappatoire très facile). On se consolera dans la dernière longueur en bon rocher, qui chemine dans la terminaison de la face est.
L'aller/retour au sommet est facultatif, et la descente se déroule dans le classique itinéraire du pas de l'Oeil, versant sud-ouest.
Pour un récit un peu plus poilant, s'attardant notamment sur quelques sanglantes péripéties, rendez-vous sur le site d'Arnaud...