mercredi 12 août 2009

Humanité en danger

Trois essais lus récemment, qui analysent la situation environnementale actuelle, l'Homme et ses dérives, et interpellent sur la nécessité d'agir en vue de la catastrophe écologique qui se prépare.

Dans la "Politique de l'oxymore", Bertrand Méheust décrypte les phénomènes historiques et sociaux qui conduisent aujourd'hui l'Homme... dans le mur. Et surtout, à s'efforcer de ne pas ouvrir les yeux. L'Homme cherchera toujours à "persister dans son être", et ce même s'il a conscience que le chemin qu'il suit mène au néant. La différence majeure avec les expériences similaires que l'humanité a déjà connue est que cette fois-ci c'est la biosphère entière, et donc notre moyen de subsistance sur cette Terre, qui est en grave danger. "Ce que nous raconte l’histoire universelle, c’est la variété et l’ingéniosité sans limites des efforts par lesquels les univers mentaux s’efforcent de persister dans leur être. C’est là une des lois les plus profondes de la culture et de la nature. Non seulement le monde contemporain n’échappe pas à cette règle, mais encore il la systématise et en pousse plus loin les conséquences, si loin même que cela soulève le vertige et même l’effroi dès que l’on y réfléchit un tant soit peu.[...] Quand il tendra vers sa limite, le système ne disposera plus d’une autre sphère « enveloppante » dans laquelle il pourra poursuivre son expansion ; il n’y aura pas, selon l’image consacrée, de « planète de rechange »". Nous exercons une forte "pression de confort" sur l'environnement, qui deviendra totalement intenable et irrémédiable lorsque l'échelle sera plus massive, c'est-à-dire en intégrant les prévisions démographiques.

L'homme s'adaptera ? La technologie nous sauvera ? Nous n'en prenons pas pour l'instant le chemin, malgré les discours de façade. Nous cherchons plutôt, par tous les moyens, à "persister dans notre être". Une croissance infinie dans un monde fini. "Cette capacité d’ajuster à tout moment nos entreprises à l’ensemble des contraintes du système n’est une force qu’à court et moyen terme. A long terme elle s’avèrera porteuse d’un très grave danger, car elle permettra à un système intrinsèquement pernicieux de se répandre sur toute la planète et de durer au-delà du point de non-retour."

Excès de pessimisme, ou réalisme ? Je pencherais pour la deuxième hypothèse. Certains philosophes et naturalistes éclairés, pourtant jusque là porteurs de messages d'espoir, vont plus loin.


Selon Yves Paccalet, "l'Humanité disparaîtra", et plus tôt qu'on ne pourrait le penser. Parce que la biosphère est à bout de souffle, et que la "méchanceté" profonde de l'Homme aggravera irrémédiablement la situation. Le ton humoristique et acide (âmes sensibles s'abstenir) et ses envolées lyriques en font une petite friandise vite avalée. Au menu de la course vers le néant, la croissance et tout ce qu'elle sous-entend. "Seule une frugalité drastique pourrait nous sauver" nous dit Y.Paccalet comme pour donner une lueur d'espoir.
Mais en-sommes nous capables ? Qu'en pensent les pays en développement qui aspirent au niveau de vie occidental ? Qu'en pensent les puissants de ce monde, c'est-à-dire les riches ?




Hervé Kempf, spécialiste des questions environnementales au Monde, apporte des réponses. Et le tableau est sombre. Il hiérarchise les classes sociales et décrit leurs aspirations. Au sommet de la pyramide, une oligarchie prédatrice ; le pouvoir et des sommes d'argent démesurées concentrées en un faible nombre de tout-puissants. Plus bas, les groupes sociaux s'évertuent à imiter la classe sociale qui leur est directement supérieure. La classe dirigeante montre l'exemple, en consommant à outrance et sans se préoccuper le moins du monde de l'empreinte laissée sur l'environnement. "Guerre" des yatch, des villas luxueuses, voitures extravagantes etc, les plus puissants s'adonnent à des concours d'étalage de leur richesse, à en donner la nausée quand on sait les inégalités qui persistent et s'accroissent dans le monde. Pour H.Kempf, crises sociale et écologique sont intimement liées. Pour préserver leurs intérêts et leur statut, les (très) riches empêchent les solutions préconisées de se développer. Ils se placent au dessus des lois et soutiennent un capitalisme débridé, qui accroit un peu plus les inégalités et avive les tensions sociales. Tout le contraire de l'intérêt général.
Pour illustrer les dérives du capitalisme financier, un livre à ne pas manquer également : "Confessions d'un banquier pourri", chez Fayard.

Col de l'Iseran - juillet 2009

Descente du col de l'Iseran face à l'Albaron

Le vélo de route... quel pied ! Une montée sans encombres au mythique col de l'Iseran avec Sylvain, depuis Bessans, pour environ 1000m de dénivelé face à nos géants haut-Mauriennais préférés (Albaron, Charbonnel & co).
Avant d'attaquer, petit aperçu des conditions d'enneigement en cette fin Juillet, avec ces clichés pris à la descente. L'excédent dû aux précipitations exceptionnelles de cet hiver n'aura finalement pas résisté à un printemps sec et aux fortes chaleurs.

Albaron (3637m) et pointes du Grand Fond. La descente du Vallonnet passerait presque...

Grande et petite Ciamarella en petite forme

Charbonnel (3752m)

Au-delà du pont de la Neige, on approche des derniers lacets

what else !

Au col, un stand de pur bonheur !

Pour les gazettes, la photo officielle

Happés par Bonneval.
Le glacier du Grand Méan se retire plus chaque année...