jeudi 3 décembre 2009

La Chinafrique


Pour qui désire en savoir plus sur la situation actuelle de l'Afrique, les investissements Chinois et les batailles, en cours et à venir, pour la main mise sur les matières premières dont regorge l'Afrique, voilà un livre intéressant. Pour les besoins de la rédaction de la Chinafrique, Serge Michel, Michel Beuret (grand reporter et chef du service international au magazine suisse "L'Hebdo") et Paolo Woods (photos), ont parcouru 15 pays africains.
Alors que les Européens et les Américains ont eu tendance à se désintéresser du continent dans les dernières années, les Chinois investissent partout, à échelle massive. A l'inverse des puissances occidentales, la Chine ne pose pas de conditions sine qua non liées au respect des droits de l'Homme, quitte à pactiser avec des régimes totalitaires et brutaux (Soudan, Zimbabwe...). Pékin développe petit à petit des relations commerciales et diplomatiques avec la grande majorité des pays Africains. Relations qualifiées de part et d'autre de "donnant-donnant" : investissements massifs (infrastructures, btp, industrie), quasi vitaux pour certains pays qui sortent de guerre civile ou de conflits ravageurs, contre accès aux ressources naturelles et à la pénétration de l'économie locale.
Certainement une bonne introduction pour comprendre certains enjeux de ce continent, à n'en pas douter, d'avenir.

lundi 30 novembre 2009

Grenoble-Chambéry : traversée de la Chartreuse à vélo

Descente du col du Cucheron (1140m), direction St Pierre d'Entremont
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Nous avons réalisé ce 28 novembre avec Sylvain un vieux projet : traverser la Chartreuse à vélo. Longtemps évoqué parmi d'autres, mais pas encore concrétisé, ce projet demandait au minimum de s'intéresser un peu au vélo... Ca tombe bien, l'intérêt pour le cyclisme en général est grandissant, et après quelques cols réalisés depuis cet été, l'idée de cette traversée est devenue réaliste. Jusque la veille, le ski était pourtant au programme, mais en ouvrant les yeux sur les conditions d'enneigement, on se rend compte que c'est vraiment pas folichon...
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On prendra donc au petit matin le train jusqu'à Grenoble, avec les vélos. Le temps d'un gbagbon petit-déjeuner, nous voilà partis tout fringants vers le col de Porte. On a préféré monter par le col de Clémencière (622m), puis légère descente dans un congélateur (on est quand même fin novembre!) avant d'attaquer la rude montée du col de Porte (1326m) via Sarcenas. 1200m de dénivelé positifs presque d'une traite (légère descente après le col de Clémencière) depuis Grenoble (210m), que nous monterons en 1h30. S'ensuit une descente encore une fois frigorifique vers St Pierre de Chartreuse. On préférera passer par St Hugues et s'offrir une halte au soleil histoire de faire passer les méchantes onglées que subissent nos mains !
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Après St Pierre de Chartreuse (800m), remontée au col du Cucheron (1139m), pour basculer ensuite, toujours plein nord, vers St Pierre d'Entremont (690m), où l'on retrouve notre département préféré...

Petit café dans une sympathique auberge, et on enquille sur le col du Granier (1134m), où nous attendent andouillette et escalope. Et oui il est 13h30, les mets fins sont les bienvenus...

Descente sans encombres sur Chambéry, en passant par St Baldoph, formidable balcon pour admirer Belledonne, les Bauges et la Combe de Savoie.
Partis de Grenoble vers 8h30, on arrivera sur Chambéry (270m) vers 15h, sans s'être dépêchés outre mesure. Les paysages de Chartreuse auront comme toujours été à la hauteur.
Dénivelé total de la journée : 2000m

Dans la montée au col de Clémencière, Grenoble déjà dans le rétro


Sarcenas. Chamechaude en haut à droite.


Clocher de St Hugues de Chartreuse

Au col du Cucheron, descente vers St Pierre d'Entremont

Mont-Blanc et son bonnet, depuis le col du Granier
Belledonne rayonne... De gauche à droite : Grands Moulins, Grand Miceau, Grand Charnier d'Allevard.

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Et comme la forme est encore là le lendemain (dimanche 29/11), j'irai faire un tour au col de Marocaz (958m), dans les Bauges. Environ 750m de montée depuis Chambéry, pour redescendre ensuite vers la combe de Savoie, et rentrer sur Chambé par Montmélian et Chignin, pour un bain de vignes. Espérons que ce soit la dernière virée à vélo d'ici longtemps, car la neige arrive et on va désormais s'atteler à skier...
A noter, au vu de ce que j'ai descendu, que la montée depuis Arbin (combe de Savoie) doit être très intéressante !


Col de Marocaz
C'est par ici qu'on descend. Au loin, les nuages envahissent Belledonne. La neige arrive.

dimanche 22 novembre 2009

Ventoux

Sommet du Ventoux (1910m) - 21/11/2009

On s'est attaqués à vélo ce 21 novembre, avec Sylvain, à un mythe du cyclisme : le mont-Ventoux. 1600m de dénivelé depuis Bédoin, montée la plus difficile sur les trois existantes. Nous en sommes venus à bout après 2h10 d'efforts, avec un final au taquet vent de face... Grosse caillante au sommet.
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Nous étions là après seulement deux cols "sérieux" à notre actif (Iseran, Granier), sans entraînement spécifique et sans connaître la montée : le temps d'ascension ne demande donc qu'à être amélioré.
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Après une gbagbonne omelette au Chalet Reynard, retour en bouclant par le charmant village de Sault, non sans une péripétie qui eut pû être fort contrariante : crevaison sur ma roue arrière 15km avant Sault... Je sors le nécessaire pour réparer (rustine, car pas de chambre à air de secours) : la colle est toute sèche, inutilisable. Grâce à un merveilleux couple local d'"age mûr" de passage au bon moment, je descendrai à Sault en voiture, déposé devant le magasin Albion Cycles. Tout sera réglé en 10mn, le temps nécessaire à Sylvain, qui a lui continué la descente à vélo, pour me rejoindre. On n'est pas en Savoie aujourd'hui, mais la Ventoux-Providence a magnifiquement pris le relais...
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La descente par Sault a l'avantage de faire parcourir les magnifiques gorges de la Nesque, que nous avons dévalé à la nuit tombante. Heure à laquelle les mouflons sont de sortie sur la route !
On terminera finalement la liaison Villes sur Auzon - Bédoin (11km) de nuit...
Nous revenons enchantés de ce périple autour du Géant de Provence, pour finalement 1800m de dénivelé.
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Evidemment, nous attend au retour à Bédoin un marchand ambulant de bonbons insolites. Miam !

Goguenards nous étions...

L'ambiance lunaire caractéristique. En direction de l'est.

Vers l'ouest

L'observatoire météo du sommet

lundi 16 novembre 2009

Col de l'Epine


Je suis monté aujourd'hui en fin d'après-midi au col de l'Epine (987m), depuis Chambéry. Un peu plus de 700m de dénivelé, avec une arrivée de nuit au col... et une descente à la frontale. Un peu plus facile à mon goût que le col du Granier (que j'ai fait en septembre), légèrement plus haut mais à distance équivalente de Chambéry (15km).
Le Ventoux est dans le viseur !

vendredi 6 novembre 2009

Grimpe en Chartreuse : Cochette et Griffes de l'ours

Avant de m'étendre un peu plus sur les voyages du mois d'octobre, petit retour en Chartreuse, sur deux escalades estivales abordables, réalisées avec Arnaud. La voie aux Griffes de l'Ours pour commencer, sur le rebord est de Chartreuse. Une voie d'environ 100m décrite dans le fameux "Chartreuse Inédite" de Pascal Sombardier, en 3 longueurs et demi. Et demi, car comme conseillé en contournant le surplomb de la première longueur, on est obligé de faire un relais à mi-parcours. Le tirage devient de toute façon insupportable dès qu'on revient dans l'axe. Quand vient le moment où on beugle à son second "envoie du mouuuu !!" parce qu'il faut déployer une énergie féroce pour gratter 20cm de corde, et qu'il répond "j'arrête pas !!", là, un relais s'impose...

P.Sombardier annonce le crux en "5c+ demandant de la décision". Voilà un moyen détourné de ne pas citer le vrai niveau, qui est 6a cannelures. Une voie toute en cannelures donc, dans un calcaire bien compact, inhabituel ici en Chartreuse. Avec un équipement un peu aéré, la température peut monter d'un cran entre les pas...
La falaise vue du sentier d'approche Première longueur, on est immédiatement plongé dans le "style cannelures" ...

... dont les mollets d'Arnaud raffolent !

La deuxième longueur offre un festival d'adhérences en écart sur 50m

Courte dernière longueur

Arnaud tout sourire à la sortie, tandis que s'ennuage tranquillement la combe de Savoie
Profil de la falaise des "Griffes de l'Ours"
Phénomène très désagréable pour finir, sous les Rochers de Belles Ombres : des marques rouges omniprésentes, "balisant" apparemment un cheminement sortant en haut. Laid, excessif et absurde. Qui a osé dénaturé le paysage de la sorte ?
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Autre courte voie parcourue en juillet en fin de journée : De l'eau et du bonheur, à la Cochette (Chartreuse nord). 3 longueurs : 6a, 6a, 5c. Topo sur le site du CAF Chambéry.
Première longueur : mur raide après le surplomb du départ, puis relais pleine pente incorfortable

Deuxième longueur, Arnaud fait semblant de forcer



Décor sympa au soleil couchant. Au loin les nuages enveloppent le grand Som

dimanche 4 octobre 2009

Chile, llegamos !

Debarques aujourd'hui a Santiago avec Manu pour deux semaines de ski de rando...
Peripeties a suivre...

mercredi 12 août 2009

Humanité en danger

Trois essais lus récemment, qui analysent la situation environnementale actuelle, l'Homme et ses dérives, et interpellent sur la nécessité d'agir en vue de la catastrophe écologique qui se prépare.

Dans la "Politique de l'oxymore", Bertrand Méheust décrypte les phénomènes historiques et sociaux qui conduisent aujourd'hui l'Homme... dans le mur. Et surtout, à s'efforcer de ne pas ouvrir les yeux. L'Homme cherchera toujours à "persister dans son être", et ce même s'il a conscience que le chemin qu'il suit mène au néant. La différence majeure avec les expériences similaires que l'humanité a déjà connue est que cette fois-ci c'est la biosphère entière, et donc notre moyen de subsistance sur cette Terre, qui est en grave danger. "Ce que nous raconte l’histoire universelle, c’est la variété et l’ingéniosité sans limites des efforts par lesquels les univers mentaux s’efforcent de persister dans leur être. C’est là une des lois les plus profondes de la culture et de la nature. Non seulement le monde contemporain n’échappe pas à cette règle, mais encore il la systématise et en pousse plus loin les conséquences, si loin même que cela soulève le vertige et même l’effroi dès que l’on y réfléchit un tant soit peu.[...] Quand il tendra vers sa limite, le système ne disposera plus d’une autre sphère « enveloppante » dans laquelle il pourra poursuivre son expansion ; il n’y aura pas, selon l’image consacrée, de « planète de rechange »". Nous exercons une forte "pression de confort" sur l'environnement, qui deviendra totalement intenable et irrémédiable lorsque l'échelle sera plus massive, c'est-à-dire en intégrant les prévisions démographiques.

L'homme s'adaptera ? La technologie nous sauvera ? Nous n'en prenons pas pour l'instant le chemin, malgré les discours de façade. Nous cherchons plutôt, par tous les moyens, à "persister dans notre être". Une croissance infinie dans un monde fini. "Cette capacité d’ajuster à tout moment nos entreprises à l’ensemble des contraintes du système n’est une force qu’à court et moyen terme. A long terme elle s’avèrera porteuse d’un très grave danger, car elle permettra à un système intrinsèquement pernicieux de se répandre sur toute la planète et de durer au-delà du point de non-retour."

Excès de pessimisme, ou réalisme ? Je pencherais pour la deuxième hypothèse. Certains philosophes et naturalistes éclairés, pourtant jusque là porteurs de messages d'espoir, vont plus loin.


Selon Yves Paccalet, "l'Humanité disparaîtra", et plus tôt qu'on ne pourrait le penser. Parce que la biosphère est à bout de souffle, et que la "méchanceté" profonde de l'Homme aggravera irrémédiablement la situation. Le ton humoristique et acide (âmes sensibles s'abstenir) et ses envolées lyriques en font une petite friandise vite avalée. Au menu de la course vers le néant, la croissance et tout ce qu'elle sous-entend. "Seule une frugalité drastique pourrait nous sauver" nous dit Y.Paccalet comme pour donner une lueur d'espoir.
Mais en-sommes nous capables ? Qu'en pensent les pays en développement qui aspirent au niveau de vie occidental ? Qu'en pensent les puissants de ce monde, c'est-à-dire les riches ?




Hervé Kempf, spécialiste des questions environnementales au Monde, apporte des réponses. Et le tableau est sombre. Il hiérarchise les classes sociales et décrit leurs aspirations. Au sommet de la pyramide, une oligarchie prédatrice ; le pouvoir et des sommes d'argent démesurées concentrées en un faible nombre de tout-puissants. Plus bas, les groupes sociaux s'évertuent à imiter la classe sociale qui leur est directement supérieure. La classe dirigeante montre l'exemple, en consommant à outrance et sans se préoccuper le moins du monde de l'empreinte laissée sur l'environnement. "Guerre" des yatch, des villas luxueuses, voitures extravagantes etc, les plus puissants s'adonnent à des concours d'étalage de leur richesse, à en donner la nausée quand on sait les inégalités qui persistent et s'accroissent dans le monde. Pour H.Kempf, crises sociale et écologique sont intimement liées. Pour préserver leurs intérêts et leur statut, les (très) riches empêchent les solutions préconisées de se développer. Ils se placent au dessus des lois et soutiennent un capitalisme débridé, qui accroit un peu plus les inégalités et avive les tensions sociales. Tout le contraire de l'intérêt général.
Pour illustrer les dérives du capitalisme financier, un livre à ne pas manquer également : "Confessions d'un banquier pourri", chez Fayard.

Col de l'Iseran - juillet 2009

Descente du col de l'Iseran face à l'Albaron

Le vélo de route... quel pied ! Une montée sans encombres au mythique col de l'Iseran avec Sylvain, depuis Bessans, pour environ 1000m de dénivelé face à nos géants haut-Mauriennais préférés (Albaron, Charbonnel & co).
Avant d'attaquer, petit aperçu des conditions d'enneigement en cette fin Juillet, avec ces clichés pris à la descente. L'excédent dû aux précipitations exceptionnelles de cet hiver n'aura finalement pas résisté à un printemps sec et aux fortes chaleurs.

Albaron (3637m) et pointes du Grand Fond. La descente du Vallonnet passerait presque...

Grande et petite Ciamarella en petite forme

Charbonnel (3752m)

Au-delà du pont de la Neige, on approche des derniers lacets

what else !

Au col, un stand de pur bonheur !

Pour les gazettes, la photo officielle

Happés par Bonneval.
Le glacier du Grand Méan se retire plus chaque année...

mercredi 29 juillet 2009

Bauges du soir : Nivolet, Margériaz, Chaurionde

Coucher de soleil sur l'Epine - juin 2009

Notre fantastique environnement ne saurait arrêter de nous combler. Même en semaine, après le boulot, où les randos du soir, à la clarté déclinante et aux couleurs ocres, peuvent se révéler de purs joyaux. En voici trois récentes illustrations dans les Bauges : à la croix du Nivolet, au Margériaz et à Chaurionde.

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Croix du Nivolet (1547m), juin 2009
Croix du Nivolet depuis l'épaule

La montée au Nivolet par les échelles depuis Lovettaz, pour 680m de dénivelé, est une des randos les plus proches de Chambéry, offrant un panorama de premier ordre. A nos pieds, le lac du Bourget et Chambéry, et à l'horizon tous les hauts sommets des Bauges.


Lac du Bourget au soleil déclinant


Fin de journée sur Chambéry pendant que la Chartreuse rosit. Les souvenirs de notre visite à ski cet hiver ressurgissent. Quels contrastes...

Dans les "échelles" à la descente

Coucher de soleil sur l'Epine


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Margériaz (1845m), versant ouest, juillet 2009


Autre sommet proche de la ville, le Margériaz est très prisé des Chambériens, surtout en hiver pour la petite station de ski qui occupe le plateau. Le versant ouest, déjà exploré cet hiver avec Arnaud, est plus sauvage et soutenu. Nous nous offrons donc avec Nath une belle rando dans ces grandes prairies baignées de soleil, avec un final insolite sur le sommet.










L'ensemble du versant ouest







Sous la falaise sommitale














La vieille échelle en place pour sortir au sommet


































On déambule ensuite dans une très jolie faille...


... dont voici la sortie côté sommet

Falaise sommitale

Plateau du Margériaz. Un site que je trouve exceptionnel, même si l'équipement mécanique tranche avec le décor...

Les sommets des Bauges sont tous alignés : l'ensemble Rossanaz-Colombier-Bade au premier plan ; au second plan de gauche à droite : Trélod-Arcalod-Pécloz-Armenaz-Arces-Arclusaz. Au fond dans les nuages, un non-aligné (sic) : le mont-Blanc

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Chaurionde (2173m), juillet 2009

Départ tous fringants avec Sylvain à 20h ce 27 juillet pour Chaurionde. Nous serons au sommet 1h15 et 1000m de dénivelé plus tard, haletants et goguenards, pour admirer le crépuscule. Entretemps, il aura fallu contenir nos impulsions pour ne pas se jeter frénétiquement sur les framboises, fraises, mures et myrtilles qui auront jalonné notre parcours !

La pyramide sommitale se dévoile

Le mont-Blanc par la fenêtre, avec une luminosité exceptionnelle


Objectif en approche














Armène-Pécloz



Lac d'Annecy

...

Cela est juste et gbagbon

"Des crasseux", aurait dit Mitterrand
(cf. époux Thurenge dans l'affaire du Rainbow Warrior)