lundi 11 février 2013

Toponeige Cerces-Thabor-Ambin

Le voilà enfin ! Le Toponeige Cerces-Thabor-Ambin (CTA) vient de paraitre.



Egalement au rayon nouveautés :
- ABB : Aravis Bornes Bauges
- CDV : Chartreuse Dévoluy Vercors
- QUE2 : Queyras, nouvelle édition

Sans oublier toute la librairie !


Bonne lecture... et bon ski.

mardi 1 janvier 2013

Décembre 2012 à ski

En guise de vœux pour 2013, voici une sélection d'images de ce début de saison de ski de randonnée où la neige est abondamment tombée sur nos contrées. Merci aux (formidables) compagnons avec qui je partage ces instants.

 Grand Som (Chartreuse), 01/12/2012






 Galoppaz (Bauges), 09/12/2012



 

 Chamechaude (Chartreuse), 19/12/2012




Col de la Gardette (Ecrins), 22-23/12/2012

 

 
 Combe Bronsin (Lauzière), 29/12/2012



Roc de Montet (Belledonne), 30/12/2012
 






dimanche 11 novembre 2012

Voyage à l'ouest de la France

Bretagne. Région où je n’ai jamais mis les pieds mais de laquelle j’ai toujours entendu des louanges, pas plus tard que quelques jours auparavant de la bouche de Nath, de retour d’une semaine à St-Malo. En principe pas disponible, un incroyable concours de circonstances me laisse presque totalement libre le mois d’avril. Une aubaine ! Période bénie pour le ski de randonnée, à moins que le mauvais temps s’installe durablement pour une mousson printanière, comme c’est précisément le cas. L’heureux concours de circonstance ne serait pas providentiellement total si Sylvain n’avait organisé un périple cycliste sur deux semaines, réalisant l’un de nos vieux projets : relier la Bretagne au pays Basque, soit Brest à Hendaye, en longeant la côte Atlantique. Léger coup d’œil à la météo, qui confirme le mauvais temps sur les Alpes (tant mieux pour le ski, qu’il sera joli le mois de mai). Le doute n’est plus permis, je rejoindrai Sylvain lundi 16 à Rosporden, par une grande diagonale nationale sur le chemin de fer.

Avec la réservation d’une place en compartiment vélo à bord des TGV, je devrai changer de gare à Paris : arrivée gare de Lyon, redémarrage depuis Montparnasse. Il faudra donc pédaler vingt minutes dans la capitale. Vélo harnaché des sacoches, ce sont les premiers coups de pédales de ces dix jours d’oisiveté itinérante. Montparnasse m'évoque immanquablement l'Amoureux de Paname de Renaud. Cette petite provocation n’est pas forcément gratuite, car il convient, avant de louer aveuglément l’écologie de "boulevard", de mettre dans la balance de l’aseptisation de l’espace public l’équité sociale et le bien être de l’autochtone.

Et puis, n’étant pas équipé d’une vessie de grande capacité, je suis moi aussi nostalgique des pissotières, bien que ne les ayant que peu connu. Désormais, uriner en ville est payant, comme dans les gares. Ce petit soulagement universel n’a pas échappé à l’irrépressible marchandisation ambiante. La fatalité, sans doute.

C’est d’un air léger que je déambule sur les pavés et le macadam, sous le soleil parisien, tel un ovni au milieu de la circulation paresseuse du lundi midi. Comme je ne me rappelle pas avoir déjà transité par la gare Montparnasse, je découvre un peu circonspect ce lieu banal voire un peu triste. J’aurais finalement préféré découvrir la gaze St Lazare, même si elle a fait l’objet d’une rénovation en forme d'ode à la consommation. Toujours cette foutue fatalité.

La rame TGV qui assure la liaison Paris – Nantes a subi le fameux relookage intérieur made by Christian Lacroix. Il fallait au moins ça ! Je constate que la voiture bar a rétréci (au profit de 8 places assises) et que les tabourets ont disparu, ce que me confirme le tenancier un brin dépité : ce n’est pas fonctionnel, et la campagne nationale a été stoppée en raison du manque de confort et de sécurité des nouveaux sièges. Gageons que le préjudice financier soit faible, car il s’agit encore (pour combien de temps ?) d’un bien commun, dont notre bienveillante instance supranationale a déjà scellé le sort depuis belle lurette.
Dans le train, l’individualisme est ostentatoire, avec la déferlante des smartphones, netbooks, tablettes etc. Aux antipodes du message clairvoyant de Jacques Généreux, lui qui préconise «des liens plutôt que des biens». Ce n’est pas non plus Hervé Kempf qui me contredira, dont la lecture de l’un des derniers essais égaye mon voyage.




"Réseau exploité par la SNCF". Allusion on ne peut plus explicite.











Sylvain m’accueille à la gare de Rosporden en fin de journée. Son visage trahit les beaux moments déjà passés sur les routes bretonnes sur sa petite reine depuis deux jours.Nous faisons étape chez son ami Vincent, qui nous accompagnera deux jours sur les routes.

La météo est mitigée pour ce premier jour : pluie pour démarrer, éclaircies pour finir. La moindre pause est prétexte à une rencontre sympa. Tel troquet nous offre gentiment du fard aux pruneaux, tel badaud nous raconte ses aventures cyclistes passées ou son amour des Alpes.

Nous passons notamment par Hennebont, où ressurgit de loin le souvenir du gars Pelot. C'est ainsi que Tri Yann et Hugues Aufray nous accompagneront plusieurs jours.



Les routes de la campagne bretonne sont jalonnées de chapelles et de croix, plus ou moins bien entretenues. En y prêtant attention, le moindre muret couvert de lierre recèle une croix ou un calvaire.

 
 Nous passons à Ste Anne d’Auray où nous restons béat devant la formidable basilique, et arrivons, avec Vincent maintenant, dans un chaleureux gîte à Sulniac, au terme de 120 km. Soyons réaliste, la demi-finale de ligue des champions (on ne se refait pas) n’arrivera pas jusqu’au fin fond de cette campagne. Tiens, un décodeur ? Qui fonctionne !? La demi-finale ne nous échappera pas !



Mercredi 18, nous démarrons avec entrain sous la bruine bretonne. C’est d’une sono hurlant en plein air Debout les gars ! dont nous aurions besoin pour émerger de notre torpeur humide. Les grains nous poursuivent et lâchent leurs averses le matin puis le ciel s’éclaircit progressivement. Au détour des marais salants, Guérande est à nous !

marais salants à Guérande

Après une courte visite, nous prenons la direction du Croisic où nous attend François pour la suite du périple. L’ignoble vent de face n’empêchera pas nos retrouvailles, dignement célébrées autour de cidre et d’abondantes crêpes.






C’est encore sous une météo mitigée que nous décollons du Croisic jeudi matin. Une fois n’est pas coutume, le vent daigne nous pousser dans le dos. Comme chaque jour, nous prions pour que les grains en gestation au large prennent une autre direction que notre caravane. Nos souhaits sont parfois exaucés, parfois pas… Au moins sommes-nous rompus aux manips : avec ou sans la veste, avec ou sans le sur-pantalon étanche, avec ou sans la capuche, avec ou sans les lunettes, etc. 


Aujourd’hui nous sommes préoccupés par le passage de l’estuaire de la Loire, entre St Nazaire (au nord) et St Brévin (au sud), par l'impressionnant pont de Saint Nazaire long de 3.3 km, mais surtout à 60 m du niveau de l'océan. Son franchissement peut d’une simple formalité se métamorphoser en épreuve insurmontable si le vent s’en mêle, chose fréquence dans ce goulot d’étranglement ouvert aux vents atlantiques. La tendance météo du moment est plutôt de nature à aiguiser nos craintes. Au-delà de 80 km/h de vent, le pont est fermé aux vélos, puis à toute circulation. Récemment, une semi-remorque s’est retrouvée suspendue dans le vide, déplacée par une forte bourrasque.

Ne pas franchir l’estuaire par ce pont signifierait un détour d’une centaine de km. Nous devons passer. Et par la combinaison de facteurs favorables, nous passerons avec une insolente réussite.Nous bénéficions d’une large période ensoleillée avec vent faible, et surtout d’une voie entièrement libre car officiellement fermée aux voitures pour cause de travaux. Ces derniers contournés dès le départ, l’étroite bande cyclable ad hoc va se transformer en large voie dédiée où nous roulons à trois de front. Une rigolade ! Les grains n’ont qu’a bien se tenir, loin au large.

La traditionnelle récompense de mi-journée viendra à point nommé à St Brévin : farniente autour d’un plat du jour + bière + dessert + café + dessert + café (et ainsi de suite).

En cette période pré-électorale, la lecture de la presse est notre divertissement quotidien au café du matin ou au resto du midi. De canard en canard, nous découvrons avec effroi (sic) que l’ouest de la France n’est pas épargné : la médiocrité et la servilité des médias au pouvoir (de leur propriétaire) y sont autant criantes qu’au niveau national.


A partir de Pornic, nous empruntons la vélocéan : c'est le tronçon Loire Atlantique du grand itinéraire cyclable de la vélodyssée, qui rallie l'Angleterre au pays Basque.


A environ 100 km du point de départ et au terme d’un combat féroce contre le vent, nous trouvons une ferme-auberge isolée aux alentours de Boin. Nous sommes entrés en Vendée. Excellents accueil et cuisine, au large d’une énorme cheminée. Le gérant, originaire des Hautes-Alpes, a vu jadis s’effondrer son projet de gîte en face de St Jean Monclar (04) et s’est exilé en Vendée pour rénover et développer une ferme-auberge. Le retour dans les Alpes est prévu pour bientôt, à la retraite. Le monde est petit !

A la ferme, mention spéciale pour le cochon vietnamien de compagnie : petit mais trapu, assez laid, très vorace mais peu goutû. C’est donc un animal de compagnie vite encombrant…. Fatigué de l’entretenir en pure perte, son propriétaire tenta bien de lui rendre son autonomie (comprendre "l’abandonner") à plusieurs km de là, au milieu des marais. Peine perdue : franchissant les fossés et aidé par son puissant odorat, tel un matou, le cochon revint parmi les siens, toujours vivant.


Depuis quelques jours, une douleur persistante me gêne à la rotule. Ce vendredi matin, la douleur devient aigue et il est inenvisageable pour moi de poursuivre à vélo. Les amis me laissent à Challans et poursuivent la route (160 km pour eux sur la journée), tandis que je prendrai le train pour les retrouver en fin de journée à la Rochelle. Selon les urgences de Challans, a priori rien de très préoccupant mais il serait préférable de laisser reposer un peu avant de tenter de reprendre la route. Une journée de repos à la Rochelle est votée à l’unanimité. Visite, farniente, courrier et observation des voiliers en perdition rempliront la journée. De visu, la Rochelle, place forte du protestantisme aux XVIème et XVIIème siècles, présente un aspect riche : patrimoine entretenu, centre-ville propre, jeunesse vivante. Cinq boules de glaces ne seront pas de trop pour appréhender l’inaction. La douceur du repos s’achève autour d’un diner local : coquillages, bigorneaux, vins, à l’issue duquel nous avons la chance de nous laisser raconter les péripéties de la vie d’ostréicole par un couple de retraités. En déclin, l’activité a connu les méfaits, d’un point de vue humain et emploi, de l’avènement d’une ère industrielle.


Les choses sérieuses reprennent le lendemain matin. L’étape est relativement courte – 70 kms – et nous fait notamment visiter Rochefort, au lustre passé. Les amis m’y retrouvent à la gare (au lustre d’antan elle aussi), ayant pour ma part fait un bout de trajet en train pour économiser le genou récalcitrant (arthrisant ?). Dans le dédale urbain désert, un bruit aigu en provenance du vélo de Sylvain heurte nos oreilles : schloiiing ! Trois rayons de sa roue arrière viennent de rendre l’âme. Le réglage de fortune de Foifoi empêchera temporairement le voilage et le sceau de s’intensifier.


Le mythique pont transbordeur étant malheureusement en panne, nous franchissons la Charente sur le pont routier. Après une visite de l’ancienne cité fortifiée de Brouage, au large de laquelle nous saluons notre ami le pélican au jabot extensible, puits sans fond pour de nouvelles victuailles, et souvent accompagnés du vent de face, nous arrivons à Marennes, capitale des huitres. Le résultat électoral ne nous échappe pas ; c’est comme prévu le libéralisme et la soumission au pouvoir bancaire qui sortent vainqueurs (représentées par les deux camps en finale). Ce grand suspense évacué, revenons-en à nos huitres et aux délices du coin, puis au repos bien mérité au camping.

Lundi 23, Royan marque une étape importante, avec le franchissement en bac de l’estuaire de la Gironde en mi-journée. Au réveil, le temps est... maussade. Idéal pour franchir le haut viaduc de la Seudre, cinglés par de virulentes averses poussées par un vent violent. Le petit déjeuner à Ronce les Bains nous épargne une partie de la douche, mais c'est néanmoins sous la pluie qu'il nous faut repartir. En avant ! Encore une belle occasion de constater que nous n'avons rien à craindre mentalement.
Pendant que la météo s'arrange, nous suivons la belle piste cyclable en pinède au large de la Côte Sauvage. Ca commence à sentir bon les Landes. Une halte providentielle nous permet de réparer les rayons de Sylvain, dans une boutique des plus sympa et compétente.

Quelques temps plus tard, à l’approche de Royan, la chaine et le dérailleur de François explosent dans une montée. Broutille pour "magic Foifoi" qui ne recule devant aucune réparation, bricolage, soins, opération chirurgicale… La chaine reconstituée, c’est donc en « mono vitesse » qu’il terminera l’étape.

Vent violent, grains, houle : les conditions sont extrêmes pour la traversée de la Gironde. Puis les pistes cyclables landaises nous déroulent leur tapis d’asphalte au milieu des pins. A l’ouest, l’océan déchainé apparait parfois au détour de courbes où le vent n’accepte manifestement pas notre présence…

piste cyclable Landaise
L’arrivée à Soulac est synonyme de réparation durable du dérailleur de François dans un atelier équipé. Toute sa force de persuasion sera nécessaire pour que les artisans acceptent de rogner la pièce métallique du dérailleur Shimano neuf afin de l’adapter à l’armature de son vélo, autrefois ramené de Serbie.

Le trajet jusqu’au camping est l’occasion d’expériences amusantes sur le front de mer. Face au vent, la lutte est terrible pour gagner quelques mètres. Dos au vent, aucun mouvement n’est nécessaire pour rouler à une allure déjà convenable.


L’ensemble de ces petits tracas nous ont fait prendre un peu de retard sur l’itinéraire prévu. La journée du mardi, la dernière pour François et moi, doit nous emmener jusqu’à Arcachon. Le coucher de soleil depuis le sommet de la dune du Pilat était même au programme avant les séparations, mais un sursaut de réalisme nous fait viser Audenge comme objectif final avec tout de même plus d'une centaine de kms.

- 5 mn avant une belle gamelle collatérale...
En cette matinée relativement ensoleillée, le genou devient très douloureux. Comme disait Lionel Terray pris dans la tempête au sommet du Charbonnel : sans être dramatique, la situation devient préoccupante. Nous mettons en place ce que nous avions déjà brièvement expérimenté à la Rochelle : le tractage de l’infortuné cycliste, à l’aide d’une cordelette tendue entre la selle du tracteur (Sylvain ou François) et le guidon du tracté (moi). Que sont mes amis généreux !

 

Nous engloutissons ainsi une route militaire très roulante, puis découvrons dans la pinède une piste cyclable du troisième type. 50 cm de large et partiellement défoncée ! Il s’agirait en fait de vestige de la seconde guerre mondiale (à confirmer).














vélo tracté !


Lacanau-océan sera notre pause déjeuner, face aux rouleaux de l’Atlantique. Les pistes cyclables sont ensuite très roulantes, à coup de lignes droites de plusieurs kms. Le genou crie encore à l’agression. L’imagination de Foifoi s’en trouve stimulée : le tractage entre alors dans une ère industrielle. L’attelage devient double avec deux tracteurs côte à côte, grâce à la cordelette doublée. Le croisement d’autres cyclistes peut s’avérer délicat mais l’effort est mieux réparti. Pour moi aussi l’effort est mieux réparti, puisque je ne pédale plus…


Une pause crevaison plus tard (pour ma pomme), nous arrivons enfin à Audenge. A la clé, encore un repas gargantuesque et une dernière nuit sous la tente.






Il ne reste que 6 km mercredi matin pour rejoindre la gare de Biganos (à quelques km d'Arcachon), où François et moi reprenons le train pour Chambéry, tandis que Sylvain continuera le périple jusqu’à son terme : Hendaye (prononcer « Hyundai ! »).

Ce voyage à l’ouest de la France s’est inévitablement mué en ode à notre beau pays. Comment rester insensible à la variété des paysages (pour partie façonnés par l’Homme), à la gastronomie, à la chaleur humaine rencontrées ? Amitié, effort, rencontres… l’énumération pourrait être longue, aussi je préfère conclure ce récit en appelant de mes vœux d’autres voyages du même type. Que la réalisation de projets futurs ne manque pas de nous réunir à nouveau !

mercredi 23 mai 2012

Entrepôt du bricolage



















Chapeau à "L'Entrepôt du Bricolage" de Chambéry pour cette initiative qui même si elle relève du bon sens, reste une exception de nos jours et s'inscrit à contre-courant.

lundi 21 mai 2012

El Cocuy !

Nos chers marseillais ne sont pas rentrés bredouilles de Colombie !
Cliquer sur l'image pour plus d'infos.


dimanche 25 mars 2012

Ski de rando rime avec poésie

Récit d'un périple de 4 jours de ski de randonnée en Savoie en Avril 2004, écrit par Sylvain (alias Sancy sur Skitour).

"Lo, Lo,

Après 4 jours d'entraînement à vélo avec notre petite maison sur le dos (pour les cuisses ;-) sous des contrées + méridionales, nous sommes partis avec 2 amis en ski de rando durant 4 jours. Le principe, relier les Cerces à la Vanoise, deux massifs opposés sur la carte de la savoie, glanant en passant qq sommets, cols, belles photos et beaux moments d'amitié.

Ce petit séjour fut riche et super formateur. Infos météo versatiles (on va vraiment finir par aller lui dire 2 mots à Jacques Villecroze, le marabout de météo france Savoie), contexte printanier : manteau neigeux évoluant rapidement dans la journée, soleil généreux sur chutes de neige récentes, état des glaciers à évaluer, vieilles accumulations éventuellement instables à repérer, autant de paramètres influençant nos décisions.

Tout a bien commencé jeudi dernier ; départ de Bourgoin vers 5h du mat ; direction Valloire et le hameau de Bonnenuit (les petits), terminus hivernal de la route habituelle menant au col du Galibier. On attaque donc doucement par 4 km de faux plat montant, idéal pour mettre la machine en route (ça change des 20 km à vélo à 9% dès le réveil à 7h du mat, la veille dans le Verdon !!). Direction le Grand Galibier, 3228m, principal objectif de la journée (si ce n'est celui de rentrer entiers ;-). Le soleil monte rapidement, le massif des Cerces tarde à s'ouvrir. C'est à vrai dire un petit bijou, coincé entre Savoie, Italie et Hautes-Alpes, dont les vallées relativement serrées et longues, les pentes soutenues, l'éloignement et la multitude de sommets vous garantissent dépaysement et solitude. Les influences climatiques sont ainsi multiples : ce massif ramasse les perturbations classique d'ouest (certes affaiblies après avoir traversé les Alpes !), mais aussi celles du sud (plus rares mais bien généreuses), et surtout les redoutables retour d'est, perturbations d'Italie qui vous donnent 1m de neige en 24h (encore moins fréquentes, mais 2 dans l'hiver vous garantissent la neige toute la saison). C'est ainsi que l'enneigement est communément bon dans le Queyras ainsi que dans toute la Haute-Maurienne. Bref; cet intermède météorologique digne de Jacques Villecroze nous explique en quoi les Cerces sont un petit paradis pour le ski de rando.
Chemin faisant, nous ôtons rapidement veste, polaire, gants et bonnet pour finalement déambuler en tee shirt... ah le joli mois d'avril... sur une pente toujours aussi clémente, nous poursuivons désormais loin de la route du gd galibier. Le vallon se resserre, nous entendons les marmottes sur les premières pelouses du versant sud, et le versant nord de notre sommet nous dévoile alors son secret : un magnifique couloir encaissé, de loin raide, austère et gorgé de neige. Ouf ! que c'est beau et impressionnant. A droite du vallon : le Gd Galibier. A gauche : le col des Rochilles vers lequel nous devrons remonter ensuite pour rejoindre le refuge des Drayères. Nous laissons ainsi à mi chemin tout ce qui ne nous sera d'aucune utilité pour l'ascension du gd galibier. Nous nous élevons ainsi légers, plein soleil, ciel bleu génial, vers ce versant nord dans lequel nous trouvons une neige poudreuse de l'avant veille.
Comme on dit, "ça brasse" ! quelques conversions dans un petit raidillon nous mène sur le glacier parfaitement débonnaire de la Clapière, logé dans une cuvette au pied du couloir, véritable piège à poudreuse. Wouaouh, 30 cm de fraîche à l'ombre, alors qu'il fait 15°C au soleil ! en contrepartie, la montée est pénible et la neige "botte" sous les peaux de phoque (comprenez : des paquets de neige gros comme des briques collés sous les skis !). Bien pratique pour avancer... du coup, nous arrivons réellement au pied du couloir vers 13h, à 2600m. Petit instant de reflexion : grosse poudreuse dans le couloir, horaire déjà bien avancé pour une telle pente, des traces de petites coulées sur des pentes annexes similaires... allez Jb, on laisse tomber pour cette fois. On a déjà gagné une magnifique descente en poudreuse et il nous reste encore à rejoindre le refuge. Jb, opiniâtre, boude un peu la décision... mmmouais... "ce couloir de la Clapière me frustre !". Surtout que de plus près il s'avère beaucoup + accessible.
S'ensuit donc une descente de 500m géniale : la neige tient toutes ses promesses : "et à gauche, et à droite !!" crie Jb tout en enchaînant les virages. A chaque prise de carre, un petit nuage léger qui s'échappe. A peine quelques efforts, à peine une demi journée d'écoulée, et déjà du grand ski ! ça commence bien.

Retour près du rocher au pied duquel nous avons laissé nos affaires. Un petit bout de sauc', du pain, une petite pate de pomme élaborée par maman jb, le tout plein soleil printanier... ensuite, départ pour le col des Rochilles : 400m de pente douce plein sud, sans vent : on grille ! nous changeons alors de vallée, pour passer dans celle de la Clarée, changeant du même coup de département : Hautes-Alpes. Tout au bout de cette vallée, probablement dans un autre monde, Névache et Briançon... l'enneigement devient plus abondant; sujet à ces fameuses influences climatiques d'Italie. Nous traversons un vallon plat, glissant sur deux lacs gelés. j'ai l'impression de traverser l'Antarctique à ski. Une grande plaine, des vaguelettes de neige sculptées par le vent, l'eau sous la glace... Tout au bout de cette petite plaine, nous trouvons la descente jusqu'au refuge des Drayères. Nous empruntons des sortes de petits canyons aux bords supérieurs ourlés de neige, tapissés de poudreuse. Du rêve et encore du rêve ! le soleil commence à décliner, étirant les ombres, donnant davantage encore de relief à ces reliefs, parant les paysages d'une lumière idéale. je mitraille... nous arrivons enfin au refuge, vers 18h. Le temps de repérer de visu l'itinéraire du lendemain, nous déchaussons et trouvons sitôt la porte ouverte, une trentaine de paires de ski aligneés dans le local hors-sac...
Avant de nous coucher, nous prenons la météo auprès du gardien qui nous informe qu'une perturbation arrive dès cette nuit : précipitations soutenues et refroidissement au programme. Bon;.. c'est quand-même bien différent de ce que nous annonçait l'ami villecroze la veille... dès lors se posait le problème du "on y va (et où ?)" ou du "on y va pas ?". L'étape du lendemain doit nous permettre de joindre Valfréjus, en passant par le Mt Thabor. Connaissant un peu ce secteur (vallons multiples, proximité de l'Italie et ses débordements nuageux sympathiques, roches bourrées de fer = boussolle pas fiable + étape longue) et y ayant surtout vêcu une séquence perdition épique il y a 1 an (complètement perdus en Italie, hélico pour nous chercher, etc.), je craignais un peu. Nous avons ainsi décidé de tenter un retour sur Valloire, comptant sur nos traces de la veille et d'une orientation plus simple.

Réveil le lendemain... verdict... vallée bouchée par les nuages, mais visibilité encore satisfaisante, et pas de précipitations. FEU ! nous partons vers 8h. Le gardien nous lance un "Prenez du plaisir !" par la fenêtre... Après une heure de marche, les nuages semblent se déchirer et dévoilent les sommets alentours et un vaste ciel bleu dans notre direction... C'est bouché sur le sud, l'est, mais pas l'ouest vers lequel nous nous dirigeons ! wouaouh, c'est reparti pour du bonheur, mais sous le vent cette fois. On repasse sur les lacs gelés pour basculer à nouveau sur le col des Rochilles. Nous faisons une pause à l'abri d'un barraquement militaire déserté pour l'hiver : 8 maisons alignées, comme dans un doom-like : on se croirait dans un jeu vidéo : des douilles près des portes, des fenêtres lugubres, un hangar à munitions. L'endroit idéal pour faire le thé ??? le réchaud ronronne et nous nous délectons d'un super thé carrefour. Puis redescente jusqu'au hameau de bonnenuit, avec la complicité du Gd Galibier sur le versant d'en face.

Nous nous retrouvons à la terrasse d'un café de Valloire, déballant notre casse-croûte au soleil. Le pied ! il ne nous reste plus qu'à rejoindre Valfréjus avec la voiture et retrouver François, monté de Bourgoin pour compléter l'équipe pour le week-end. Nous saluons sur la route au loin le Mt Bréguin, vilain sommet très long et pas très beau qui nous donna du fil à retordre cet hiver. "Rando Fossile" disait le topo...
Qq courses à Escro'Marché ("Donnons plus à celles qui donnent tant" sermonne Jb horripilé par tant de véhémences commerciales). Notons en passant le bonheur d'être avec Jb lorsqu'il s'en prend au consumérisme, à la publicité débile, à notre société gavée et bassement matérialiste. Un délice à entendre ;-)). On refait le plein de barres céréales, chocolat, lyophilisés et autres douceurs intestinales.

A Valfréjus, nous retrouvons Amélie, vendeuse à décat l'été et monitrice de ski pour la saison. Le temps de partager qq verres, les anecdotes de l'hiver et bcp de bonne humeur, et nous retrouvons Foi-Foi (foué-foué, fanfouette, etc.), tout frais, tout motivé, encore intact et lourdement chargé, car sa hotte regorge de bonheurssssss (qui auront raison de ses cuisses et de son dos par la suite... : plaquettes de chocolat, soupes, sucre, gateau gerblé miel-sésame époustouflant, son "Harry's Box" magique pleine d'infusions, thés, cafés, etc... Mention spéciale du Jury : Infusion Nuit Tranquille (sauf Jb dégoûté d'en boire un litre soir et matin ;-)), boites de sardines aux piments (grooooooosse erreur Fanfouette, jamais de piments en refuge...), saucisson, et, suprême volupté : sa fiole de Rakia ! eh oui, foi-foi à de nombreux amis en Europe de l'Est, et ils n'oublient jamais de lui rapporter une petite douceur alcoooolisée de là-bas (comprenez la boisson nationale de serbie, sorte d'eau de vie de raisin, au procédé de fabrication encore moins contrôlé que la vodka russe et aux vertus exceptionnellement diverses... mélangée avec une petite Nuit Tranquille, c'est du bonheur !).

Et la joyeuse équipe se met en route pour l'Orgère, par la route de St André. Nous abandonnons les voitures à 1500m, près d'un petit pont. De là, ne nous reste plus qu'à remonter la route en ski jusqu'au refuge; soit environ 2h de marche. Nous chaussons... plus de neige... déchaussons 100m plus loin, rechaussons... déchaussons finalement pour emprunter un sentier plus rapide. Séquence portage... sous la pluie qui commence à tomber... allons bon ! la météo annonçait un week-end de + en + beau, deux habitants de valloire nous assuraient un week-end carrément beau, et le père d'Amélie (en vieux roublard de montagnard) nous promettait la pluie... bon, on verra. Passé le petit hameau de Polset à 1800m, la pluie se transforme en neige, petite neige fine et drue. Je savoure cet instant magique, remontant la route avec deux amis, goûtant finalement avec cette neige aux quatre saisons en moins d'une semaine. Arrivés au refuge, c'est parti pour le festin ! paquet de pates, saucisson, brie, sardines, soupe et pain à foison, céréales, pommes, chocolat et un litre... de Nuit Tranquille. Ca c'est pour toi jb, ça calmera tes ardeurs altermondialistes.
Dehors, il neige à gros flocons, c'est génial. La nuit tombe et nous avec. Nous nous couchons sous 5 couvertures chacun et mettons le réveil pas trop tôt...

Je réveille brusquement l'assemblée en début de nuit, en criant "Nooonn !", sortant d'un cauchemard...


Samedi matin : temps gris, il neige faiblement... pas extra ça. Qu'est-ce que l'on fait les amis pour patienter ?? on se met autour de la table avec une couverture sur le dos et on boit du thé pour se réchauffer et passer le temps. Après + de 10/15 thés par personne (et autant de séjours dans le petit local accueillant au fond du refuge), le versant situé à 50m du refuge apparaît tel un fantôme dans la brume. Assez pour que Foi-Foi se lève et crie "En route !". Nous nous mettons en route, remontant les pentes derrière le refuge, nous orientant avec les melèzes. Puis plus d'arbres... que du blanc partout. C'est le moment de sortir la boussole, la carte et l'altimètre. Nous réussissons ainsi à avancer durant 2 heures sans tomber sur une barre rocheuse, et c'est alors qu'au sortir d'une pente plus soutenue, nous passons brusquement à la limite des nuages. La lumière semblait de plus en plus forte... et voilà que le ciel bleu apparaît tout là-haut, troué d'aiguilles de granite au milieu des brumes remontant, avec à nos pieds d'immenses champs de poudreuse toute fraîche et là bas, tout au bout, sûrement au dessus du monde, le col de Chavière passage vers l'autres vallée.
Le soleil cogne avec une force extraordinaire, la neige est pulvérulente. je fais la trace, perdu dans mes pensées, les yeux rivés vers l'infini... moi qui était si réservé sur nos chances d'atteindre le refuge et de poursuivre notre aventure, je suis maintenant aux anges et plonge dans un bonheur sans limites. A nous le col, les sommets, la neige vierge, l'amitié extraordinaire, le ciel bleu, les projets fabuleux, la jeunesse éternelle et éblouissante... une éclaircie et j'y crois de plus belle.
Deux heures plus tard, nous voilà au col. J'ai mitraillé de photos François un peu à la peine, mais heureusement finalement. Il faisait un parfait sujet isolé dans ce grand cirque blanc.

Les nuages remontent rapidement le long du col. De l'autre côté, le refuge de Peclet-Polset apparaît dans la brume encore bien présente. Nous prenons l'azimut sur la boussole et descendons à taton les 40° de ce col, plein nord et gorgé de poudreuse. J'appuie avec circonspection sur mes carres... ouf, ça tient. En avançant, la visibilité devient meilleure et nous profitons finalement d'une très belle descente en pentes douces et poudreuses. Le refuge apparaît enfin au détour d'une congère. (j'étais hyper satisfait de cette étape, vraiment incertaine vue la météo en partant du refuge. Nous avons été sérieux et rigoureux sur l'orientation. C'était une très belle récompense que d'arriver).

Nous nous inscrivons auprès du gardien et visitons la batisse, à nouveau très moderne, comme tous les refuges de Vanoise finalement. Encore un repas gargantuesque, et encore le litre de Nuit Tranquille avant de nous coucher. Le site est exceptionnel. Nous sommes au mileu d'un cirque blanc, au pied de l'immense versant du dôme de Polset duquel dépasse une barre de séracs bleutée. C'est superbe. Nous regardons la nuit tomber et les premières étoiles scintiller. La perturbation semble vouloir s'évacuer vers l'est. La météo annonce à nouveau le mauvais temps pour le lendemain, mais seulement pour l'après-midi. Vu la fiabilité des prévisions depuis qq jours, nous mettons le réveil à 3h en vue de tenter le hold-up... Dôme de Polset, troisième tentative de l'hiver (une sorte de malédiction doit plâner sur ce sommet... ).

Nous nous endormons à 9h, surmotivés...


A 3h, le réveil sonne. Débute alors une journée qui restera inoubliable, une journée exceptionnelle de beauté, de montagne, de ski, d'amitié, de la première à la dernière minute. De ces journées qui tutoient l'au-delà, la perfection, le sublime. Ces journées au cours desquelles des souvenirs d'enfance ressurgissent, au cours desquelles, sans croiser personne, vous avez pourtant puisé mille trésors dans le regard de vos amis, parents et vos plus grand bonheurs ont défilé cent fois. Ces journées qui comptent et vous font plus Grand que la veille.
Seuls dans la cuisine, en silence, nous déjeunons et préparons nos affaires. Encore du thé, des biscuits gerblé, et re-thé.
4h25 : nous mettons les peaux sous les skis, passons dans le tunnel sous la neige et partons dans la nuit noire...

En face, la masse sombre du Dôme et la lune brillante juste au dessus. La grande ambiance ! nous contournons le lac morainique au pied de la première pente, bien raide, soutenue comme il faut. François et Jb s'en sortent mieux que moi. Il faut dire que ma frontale est restée allumée toute la nuit dans mon sac à dos... plus de pile, c'est malin. je retiens mon souffle à chaque conversion (en pente raide, on monte en zig-zag, logique. Lorsque l'on passe du zig au zag, on met les pieds en canard pour changer d'appui, on appelle ça une conversion, et ce sont qq secondes durant lesquelles nous sommes assez vulnérables si l'on décroche...!). Comprenez : on glisse en bas et l'on doit tout se retaper (sauf s'il y avait une barre rocheuse au passage... dommage ;-)). Après ce petit raidillon (qui a eu le mérite de nous faire prendre de l'altitude rapidement), nous passons dans un petit canyon, délimité à droite par une falaise, et à gauche par la muraille du glacier et les premières crevasses. C'est sublime.
IL fait encore bien nuit, la lumière est feutrée, intime. Nous attaquons le glacier vers 2900m : la voie est alors royale : des pentes de neige immaculées, tapissées de poudreuse de folie. Un paysage grandiose : séracs, aiguilles, flèches, les vallées qui s'éloignent tout en bas, la vue qui porte de plus en plus loin... d'abord la Vanoise, puis le Mont Blanc, la Tarentaise, la Haute-Maurienne. Des couleurs naissent à l'est. Du rouge, de l'orange, du violet. C'est génial. Je prends François en photo dans les premières lueurs de l'aube. Magique. Jb est survolté ! Il fait la trace avec détermination, il vole ! et moi j'ai les yeux embués. Je repense au Mt Blanc, 'jai une foule de pensées et visages merveilleux qui me traversent l'esprit. Nous montons au jour naissant, la neige est toujours plus belle. Arrivés au pied du sommet, nous en faisons le tour pour trouver une pente plus favorable. Cette fois il ne peut plus nous échapper, le voilà. Nous nous arrêtons, ivres après 4h00 de montée, à 3501m.

Le reste n'est que succession de champs de poudreuse inespérés, de virages en velours au large des crevasses et paysages glaciaires de premier ordre, de soleil de printemps, de ciel bleu, de satisfaction toujours plus grande, de sourires échangés, de pause le nez au soleil. "Et à gauche, et à droite !" crie Jb, "Terriiiiible ! terriiiiible !!!" lance Foi-Foi sans cesse. Nous remontons rapidement au col de Chavière et reprenons nos 2300m de descente paradisiaque. A la poudreuse du versant nord succède la neige de printemps plein sud : neige tassée, fondante, fabuleuse à skier. D'abord les larges combes de Chavière, puis bientôt les premiers sapins : "et à gauche, et à droite !!!". C'est ludique, la neige est excellente : ça passe de partout ! hop le petit mélèze, et à droite, et hop le petit vallon, et le petit ruisseau : je lui fais la causette le temps de 2 / 3 virages, et le petit pont, et la piste forestière encore enneigée, et tout ce joyeux monde nous ramène les skis au pied à la voiture, avec en face, en pleine poire, les sommets haut-mauriennais, gorgés de neige, et sous des cieux toujours plus intenses.
Que je l'aime ce secteur de l'Orgère !! merveilleux épilogue que ces derniers virages sur cette piste perdue, l'air saturé de senteurs résineuses, des premières fleurs, des tas de bois massés près des maisonnettes, à ces 4 jours superbes en montagne.


Sylvain "

samedi 21 janvier 2012

Les nouveaux chiens de garde

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S'il n'apprendra peut-être pas grand-chose aux initiés déjà peu adeptes de la soupe libérale uniforme servie quotidiennement par les grands médias, qui jurent que leur indépendance reste assurée malgré l'extrême et inquiétante concentration de leurs propriétaires, le spectateur en ressortira au minimum amusé, sinon regaillardi par cette belle initiative. Qu'il est bon de temps en temps de voir tomber les masques.

Foncez-y !